Cette semaine, on se replonge dans “Le consentement à l’impôt, fragile mais indispensable aporie
d’ André Barilari :

“Les résistances à l’impôt bénéficient d’une certaine mansuétude qui les isole de la délinquance habituelle. Même dans les sociétés les plus démocratiques, il n’est pas rare qu’une certaine presse dénonce de prétendues « exactions » de l’administration fiscale. Il est d’ailleurs remarquable que l’étymologie de ce dernier terme soit liée à l’impôt. La signification latine primitive du mot « exaction » est en effet « action d’exiger le paiement de l’impôt », l’exactor est le collecteur d’impôt ! (Le Robert, dictionnaire étymologique de la langue française, Paris, Dictionnaires le Robert). Les Français n’en ont pas fini de régler leurs comptes avec le prélèvement fiscal et l’administration qui en est responsable. Ces racines historiques sont encore profondément ancrées dans l’esprit public. L’impôt et le citoyen, ce couple terrible, prend les médias à témoin de ses frictions et de ses scènes de ménage. Mais c’est un couple indissoluble, pour lequel le divorce est impossible et qui a enfanté la démocratie !”