À l’heure où le prix Nobel d’économie a récompensé des travaux mettant en lumière les vertus et les nuisances de l’activité économique sur le climat, où les experts du GIEC affirment que « Contenir le réchauffement à 1,5 °C suppose un changement radical de mode de croissance » et à quelques jours de la marche d’octobre pour le climat (https://acteursduparisdurable.fr/…/marche-pour-le-climat-du…) , on ne se replongera jamais assez dans le numéro 6 de Regards Croisés sur l’Economie : « Les économistes peuvent-ils sauver la planète » (https://www.cairn.info/revue-regards-croises-sur-l-economie…) et notamment dans l’introduction de Gaël Giraud, qui répond aux questions : Quel objectif dans la lutte contre le changement climatique ? Quel sentier d’émissions pour atteindre l’objectif ? Comment répartir l’effort ? Quels moyens employer pour atteindre l’objectif ? (https://www.cairn.info/revue-regards-croises-sur-l-economie…)

« Le choix d’une norme d’équité intergénérationnelle ne relève en rien de l’économie. Par conséquent, les économistes en tant que tels n’ont strictement rien à dire sur l’objectif de réduction des émissions de GES qu’il conviendrait d’adopter. »

« Compte tenu des inerties dans les évolutions des infrastructures et des comportements, il faut commencer à agir dès maintenant pour minimiser le coût total d’atteinte de l’objectif environnemental, malgré les incertitudes. »

« L’économie ne devrait se contenter que de discuter des moyens et non de prescrire les fins. C’est un rôle modeste, mais néanmoins fort utile à la structuration des débats, y compris du débat sur les fins, en les contraignant à davantage de cohérence. »

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La problématique du rôle des économistes dans le réchauffement climatique fait écho à une interview récente du Monde de Pierre Le Hir et Stéphane Foucart

« Les grands absents du débat ne sont-ils pas les économistes ? Le débat sur la notion de croissance me semble fondamental pourtant…

Stéphane Foucart : Les économistes ne sont pas absents du processus d’expertise animé par le GIEC. En effet, il est divisé en trois groupes : le premier explore la science, le deuxième travaille sur les impacts régionaux et le troisième sur les modèles de développement économique qu’il faudrait promouvoir pour endiguer le problème.

Cependant, la notion de croissance économique n’est pas remise frontalement en cause par les travaux de ce troisième groupe : nombre d’économistes estiment qu’il est possible de continuer à faire croître l’économie, mais différemment, en privilégiant des modes de consommation faiblement émetteurs. Mais cette question de la croissance et de sa poursuite est au centre de nombreux débats académiques depuis les années 1970.

La majorité des gouvernements souhaitent un développement de leur économie, donc corrélativement une augmentation de leur consommation énergétique. Il est techniquement difficile de dissocier développement économique et sobriété énergétique : c’est le nœud du problème. D’ailleurs, la seule période récente de baisse franche des émissions au niveau mondial a été la crise économique de 2008-2009 »

« De nombreux gestes du quotidien (la consommation de viande, les transports aériens, l’achat de produits agricoles d’importation, la consommation énergétique en général…) sont sources d’émissions de gaz à effet de serre. Chacun peut bien sûr agir selon ses priorités et ses préférences, mais il devient de plus en plus évident que l’addition de quelques bonnes volontés et la modification à la marge des habitudes de consommation ne suffiront pas à endiguer la dérive climatique. Seule une volonté politique forte, au niveau international, pourra éventuellement infléchir le cours des choses. »10

https://www.lemonde.fr/…/contenir-le-rechauffement-a-1-5-c-…

Et parce qu’il ne suffit pas de parler du réchauffement climatique une fois par mois, une petite vidéo de vulgarisation : https://www.youtube.com/watch?time_continue=8&v=T4LVXCCmIKA