“Faut-il faire appel aux sciences humaines et sociales pour contrebalancer la toute-puissance des économistes ? Le Prix Nobel Jean Tirole et le sociologue Luc Boltanski apporteront leurs réponses à l’occasion d’un débat organisé par Le Monde Festival, le 7 octobre.”

Pour l’occasion, RCE vous invite à vous replonger dans l’article de Bernard Guerrien : “Les modèles économiques sont ils vraiment idéologiquement neutres ?” extrait du numéro 18 : L’économie, au secours du politique ?

“On entend habituellement par idéologie un ensemble de croyances a priori auxquelles une personne est particulièrement attachée. La présence de ce type de croyances est inévitable en économie, où l’expérience permet rarement de trancher entre les théories qu’elles inspirent. Le courant dit « autrichien » est ainsi profondément persuadé que le système des marchés est ce que l’humanité a trouvé de mieux pour régler ses problèmes d’ordre matériel alors que, pour les marxistes, il est condamné à disparaître pour laisser la place à un système à la fois plus efficace et plus juste. Leurs croyances a priori conduisent « autrichiens » et marxistes à rejeter les modèles économiques. Les premiers parce qu’ils portent en germe l’intervention forcé- ment nuisible de l’État sur les marchés ; les seconds parce qu’ils luttent pour la disparition du capitalisme et non pour mettre au point des modèles destinés à le replâtrer.
Les économistes qui construisent des modèles n’adhèrent donc pas, d’une façon ou d’une autre, aux croyances a priori des « autrichiens » ou des marxistes. Ils ont, en outre, tendance à penser que l’usage des mathématiques les immunise contre l’idéologie – à tort, comme le montre l’étude des deux grands types de modèles en économie, aussi bien micro- économiques que macroéconomiques.”

https://www.lemonde.fr/…/croiser-les-sciences-pour-mieux-co…