Demain à 19h30 dans l’Amphithéâtre de la Paris School of Economics (48 boulevard Jourdan, 75014 Paris) se tiendra notre conférence de rentrée consacrée à la « crise migratoire ». Politique, diplomatique, économique, humanitaire, la ‘Crise Migratoire’ européenne semble multiforme. Des discours de plus en plus entendus la déclarent responsable de tous les maux des sociétés européennes. Qu’en est-il ? Est-ce si grave à l’échelle du monde et de l’histoire ? Y a-t-il ‘Crise’?
Pour discuter ces questions, Regards croisés sur l’économie reçoit deux figures des réflexions actuelles sur les migrations:

  • Hillel Rapoport: Economiste, spécialiste des questions migratoires, chercheur à la Paris School of Economics, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • Sophie Rahal: Porte Parole de SOS Méditerranée

Venez nombreux et nombreuses débattre avec nous !

Pour l’occasion, on se replonge dans le numéro 8 de RCE consacré à l’immigration : https://www.cairn.info/revue-regards-croises-sur-l-economie…

« Quelle est l’ampleur réelle des flux migratoires, et quelles sont leurs causes ? Que nous disent les économistes de leurs conséquences sur les pays de départ et d’accueil ? Qu’attendre d’une politique « d’immigration choisie » ? »

« L’économie a beaucoup à dire. Les spécialistes du marché du travail étudient la façon dont l’immigration affecte les salaires et les taux de chômage : non, l’immigration ne fait pas baisser les salaires des natifs ! – à toute prendre, la concurrence s’exercerait plutôt entre anciennes et nouvelles vagues de migrants. Le brain drain n’est pas toujours le fléau qu’on décrit pour les pays en développement : il contribue aussi à intégrer ces pays aux circuits d’a aires et de recherche internationaux, et génère des flux de transferts parfois considérables. L’immigration en France n’a que peu d’effets macroéconomiques… Et elle ne résoudra pas les problèmes structurels de notre marché du travail, comme la hausse du ratio de dépendance, et l’appariement difficile dans certains secteurs d’activité entre l’offre et la demande. Surtout, l’économie permet de sortir du point de vue strictement nationaliste qui a seul droit de cité dans le débat public, de tenir ensemble pays de départ et pays d’accueil, et de réfléchir, pour une fois, du point de vue du bien-être global. »